mardi 3 juillet 2012

38 heures


St-Adrien, 2:00 am
Incapable de dormir. Est-ce j’ai oublié quelque chose? J’y repense, je retourne les idées dans ma tête, mais ça ne me revient pas.  Ça doit être le stress. Au pire, je dormirai dans l’avion.

St-Adrien, 4:30 am
DRIIIIIIIIIIIIINNNNNNGGGG!!!!
Os** de cadran…. Laisses-moi dormir un peu…
Bon je me lève, c’est le temps de partir. Je fais les derniers préparatifs. Les trucs que j’avais oubliés me sont revenus à la mémoire ce matin. Je les met dans mon sac déjà surchargé puis je prends une petite douche.
On entre dans la voiture. Mes parents en ont fait une petite sortie familiale; je crois qu’ils sont un peu inquiets de me voir partir ainsi. Ils en profiteront pour magasiner un peu à Montréal après mon départ.
À l'aéroport, prêt à partir?
La voiture démarre, je m’endors instantanément.

Montréal, aéroport P-E Trudeau, 7:15 am
On sort le stock de la valise. J’attache mon petit sac Lavoie sur mon sac de planche pour ne pas avoir à le traîner. Mais qu’est-ce qu’il est lourd ce sac de planche! Moi qui croyait qu’avec des roulettes ce serait un jeu d’enfant à traîner! Le sac d’expédition est beaucoup plus pratique avec sa ceinture qui fait supporter tout le poids par les hanches.
J’arrive au contrôle d’AeroMexico, l’agent de bord commence à me parler en espagnol… Je ne comprends rien… J’espère que mes cours d’espagnol vont me revenir assez vite! On s’entend sur l’anglais pour converser. Finalement, le surplus de bagage n’est pas aussi dispendieux que je l’avais prévu : 50$ pour tous les trois vols au total.
Mes parents me rejoignent pour déjeuner. 2 œufs bacon, pour bien partir la journée!

Montréal, aéroport P-E Trudeau, 8:45 am
J’ai passé la sécurité et je me suis dirigé vers le quai d’embarquement. J’ai profité de la boutique hors-taxes pour acheter quelques souvenirs du Canada que je pourrai donner aux âmes charitables qui m’hébergeront durant mon voyage. J’acquiers aussi des patches du drapeau du Canada, car on est toujours sûr d’être bien accueilli ailleurs quand on est Canadien. J’espère que la destruction lente de notre beau pays par le gouvernement Harper ne transparaît pas trop à l’étranger…
J’essaie aussi de désactiver mon cellulaire pour les deux mois de vacances afin d’éviter de payer mon forfait pour rien. « Désolé, c’est réservé aux comptes entreprises »…  Cr***… Bon ben au moins j’aurai un cellulaire fonctionnel en cas d’urgence (mais coûteux en frais longue distance).

Montréal, vol 681 d’AéroMexico, 9:51 am
Départ dans 15 minutes. Tout le monde parle espagnol : les passagers, les hôtesses, le pilote. Décidément, l’immersion commence tôt! Je crois que je vais commencer à étudier mes livres d’espagnol maintenant…

Ciudad de Mexico, puerta 54, 4:14 pm
Le vol s’est bien passé. J’ai pu observer plusieurs jolis paysages de ma fenêtre. M’orienter à l’aéroport fut un petit peu compliqué cependant. Très peu d’agents parlaient anglais, j’ai dû me débrouiller avec de la gestuelle et les quelques mots qui me venaient à l’esprit. « Si! » « Buenos Aires! » « Gracias »… Ça se résume pas mal à ça…
Heureusement, j’ai pu retrouver tous mes bagages et les mettre sur les bons convois (enfin, je pense…)
Et maintenant? Le départ est à 8:25 pm, il reste 4 heures à passer. Ah ben tiens, c’est exactement la durée de pile qu’il reste sur mon portable. Je pars à la chasse au réseau Wi-Fi!!!

Ciudad de Mexico, Chilis Too restaurant, 5:18 pm
Une Corona! J’avais complètement oublié que c’était la bière nationale au Mexique. Bon, en attendant mon cheeseburger, c’est facebook time!

Ciudad de Mexico, puerta 56, 7:45 pm
« Larrivae Samouel, please reporrrt to gate 56. Larrivae Samouel, reporta en la puerta 56 ». Bon qu’est-ce que j’ai fait encore?
Un de mes bagages est n’est pas encore dans l’avion. J’espère que c’est la planche à neige, car elle je n’en ai pas besoin pour m’habiller…

Ciudad de Mexico, puerta 56, 9:05 pm
Le vol était sensé partir il y a de cela 40 minutes. Pourtant l’avion est visible de la fenêtre depuis plusieurs heures. Bon je ne me pose pas trop de questions, ça ne changera pas grand chose. De toutes façons, ils ont commencé à distribuer des cahiers à colorier aux enfants, j’imagine que j’en ai pour un bout…

Santiago de Chile, puerta 17a, 11:00 am
Je suis finalement arrivé au Chili. Le vol a été retardé de 3 heures, ce qui m’a fait manquer mon transfert. Résultat : J’arriverai à Buenos Aires vers 17h au lieu du 10h am prévu initialement.
Pour ce qui est de mes bagages, j’ai joué à la balle de ping-pong humaine entre deux compagnies d’avions qui me disaient toujours d’aller voir l’autre compagnie. On en est venu au consensus d’attendre d’être à Buenos Aires pour voir si mes bagages y sont avant de faire une plainte pour une recherche plus en profondeur.
Au moins, le voyage via LAN Airlines fut vraiment agréable. On dirait que les transporteurs en Amérique du Sud sont bien mieux équipés qu’au Canada : chaque passager avec son petit système de divertissement personnel où il était possible de choisir son film, d’écouter une télésérie (il y avait notamment the Big Bang Theory et les Simpsons), de faire une visite virtuelle des destinations touristiques ou de jouer à un jeu. Pour ma part, j’ai ré-écouté The Hunger Games, en espagnol cette fois-ci. Ça va finir par rentrer…

Buenos Aires, Ezeiza aeropuerto, La Pausa restaurant, 5:42 pm
Enfin, arrivé à Buenos Aires!
Le vol a été très court : à peine une heure et demie. Je me suis laissé avoir par le changement de fuseau horaire qui donnait l’allure sur le ticket que le vol en durait 2h30…
Aussitôt décollé, nous étions au-dessus de la Cordillère des Andes : de la neige à perte de vue! Il ne suffisait que de ça pour me rendre le sourire et oublier la mauvaise journée.
De la neige!!!
Une fois passé les montagnes, nous étions au-dessus de l’Argentine. Il est intéressant d’observer le contraste entre les paysages de ces deux pays. Contrairement au Chili très montagneux, l’Argentine semble avoir beaucoups de plaines et d’espaces verts.
Un fois atterrit, j’ai attendu mes bagages et, quelle surprises, il n’en manquait pas un! Toute cette inquiétude pour rien. Je vais enfin pouvoir me changer, ça fait quand même 36 heures que j’ai les mêmes sous-vêtements…
Il ne me reste plus qu’à prendre une navette vers le quartier résidentiel de Buenos Aires où Gustavo, un gentil hébergeur rencontré grâce à CouchSurfing.org m’y attend à partir de 20h. En attendant, je bois un « Café americano » (Si vous demandez juste « Café », vous allez avoir un Espresso).

Buenos Aires, chez Gustavo, 11:08 pm
Je suis présentement chez Gustavo qui m’héberge pour 3 nuit. Il habite une jolie maison sur deux étages. C’est très confortable. De plus, contrairement à ce que le site donnait à croire, je ne dors pas sur un divan, mais bien dans une jolie chambre tout équipée, avec un lit double, une télévision et le Wi-Fi. Ce qui rend la situation assez cocasse, c’est qu’il loue l’autre chambre 50$ la nuit. Il m’a dit de faire semblant que je payais aussi si l’autre locataire posait des questions…
Le chemin pour s’y rendre depuis l’aéroport fut toutefois plus compliqué que prévu. J’ai attendu jusqu’à 19h à l’aéroport car il m’avait dit qu’il terminait de travailler vers 20h. Ensuite, j’ai pris une navette jusqu’à la station de métro Retiro. Un bon samaritain est venu me proposer son aide. Il a dû remarquer que je tournais en rond… J’ai dû prendre deux lignes différentes pour enfin me retrouver sur l’avenue Valero. De là, je n’avais aucune idée où se situait la rue de Gustavo, car les cartes touristiques ne montraient pas cette partie de la ville. C’est ce moment qui fut le plus stressant de tout le trajet, en particulier car il faisait nuit et que je trimballais avec moi 120 lbs de matériel. Heureusement, j’ai vu au passage un livreur de pizza qui sortait d’un restaurant. J’ai réussi à lui demander les directions en espagnol (je suis vraiment fier de moi là!), et il m’a même redirigé plus tard alors que je semblais perdu et que justement il passait en scooter dans cette direction. Décidément, les gens sont très serviables ici! Après environ 1km de marche, j’ai enfin pu arriver à bon port, avec l’odeur de « swing » de mes 38 heures sans douche et en un seul morceau.

Demain, le fun et la visite de la ville commencent!

dimanche 1 juillet 2012

Empaquetage!

Alors que je commence à écrire ces lignes, il ne reste que 11heures 25 minutes avant le grand départ. Inutile de vous dire que le stress est à son comble. Heureusement, il ne reste plus rien à faire si ce n'est que d'éteindre cet ordinateur et me coucher. J'ai tout de même décidé de vous faire une petite liste de ce que j'ai amené, pour ceux qui trouveraient cela utile.

Premièremement, j'ai séparé mes bagages en 4 compartiments: ce que je porte sur moi, un petit sac à dos qui sera mon bagage à main, un gros sac d'expédition de 65L et un sac de planche à neige muni de roulettes.

Avant de commencer à faire ses bagages, il est toutefois utile de connaître les limitations imposées par les compagnies aériennes, en particulier si vous avez beaucoup d'équipement... De plus, étant donné que je fais deux transferts afin de réduire les coût, cela fait 3 compagnies aériennes ayant des restrictions différentes à vérifier. Heureusement, après une petite recherche, j'ai découvert qu'il existe un accord de l'IATA (International Air Transport Association) qui fait en sorte que seul le transporteur le plus significatif peut charger le surplus pour des bagages trop lourds ou trop volumineux. Ouf! 2 extras de moins à payer! Dans mon cas, le transporteur le plus significatif est celui qui me fait passer de l'hémisphère Nord à l'hémisphère Sud: LAN Airlines. Ce transporteur me permet deux bagages de soutes d'un maximum de 50 lbs chacuns et 203 cm linéaire (c'est à dire qu'on additionne la longueur, la largeur et la hauteur) et un sac de 17 lbs avec moi.
Après plusieurs frustrations, j'ai réussi à respecter la limite de poids. Malheureusement, il n'existe aucun moyen physique pour que mon sac de planche à neige n'excède pas la taille permise... (LAN ne possède pas de politique pour les articles de sport)
Finalement, afin de décourager les voleurs et les malhonnêtes qui voudraient mettre des trucs pas catholiques dans les bagages, on scelle tous les zippers avec des ty-raps (j'ai aucune idée de comment on écrit ça...). Un autre truc connu est d'utiliser des anneaux de porte-clef.... c'est tellement chiant à enlever! N'utilisez surtout pas des cadenas, ils seront probablement coupés aux douanes.

Sur moi:
- Portefeuille, contenant une carte de crédit, un peu d'argent liquide (environ 100 $US) et mes cartes d'identité.
- Mon passeport
- Une petite pochette secrète attachée autour de la taille, avec une seconde carte de crédit et le reste de mon argent liquide.
- Des bons souliers de marche
- Une montre

Dans le sac à dos pour l'avion:
Mon ordinateur portable pour continuer à vous écrire et pour me divertir (avec une petite pochette coussinée pour ne pas l'abimer)
- Mes billets d'avions
- Mes documents d'assurance-voyage
- Des crayons et un bloc-note (Pour me rappeler des histoires à vous raconter! J'ai aussi pris la peine d'y inscrire toute information utile pour le voyage)
- Mes cahier de notes de mon cours d'espagnol (il faut bien que je m'y remette!)
- Un livre de lecture (Mange, Prie, Aime)
- Mon guide de l'Argentine Lonely Planet
- Des Tylénols et des Gravols
- Un iPod pour passer le temps
- Mon appareil photo (chargé bien sûr)
- Quelques collations emballées (mais pas de liquides: interdit à l'aéroport)
- Des sous-vêtements de rechanges (pratique en cas de retard des bagages ou quand le voyage prend 23 heures avec les transits...)
- Un poncho (ils annoncent de la pluie à l'arrivée)
- Un oreiller compressible (TRÈS TRÈS IMPORTANT!!!)
Total: 14 lbs

Dans le sac de 65L:
- Quelques tshirts
- Un jeans (en fait, je le porte sur moi celui-ci, on annonce 10°C à Buenos Aires)
- Une chemise pour sortir
- 1 short et un costume de bain
- Une serviette
- Des vêtements chauds pour la planche à neige (sur-vêtements, joggings, pull, etc)
- Des caleçons (au moins pour une semaine)
- Des chaussettes, dont plusieurs en laine pour le snow
- Mon kit d'entretien de snowboard*
- Mon casque
- Ma caméra GoPro
- Chargeurs, piles de rechange, etc
- Mon sac de couchage, compressé et scellé dans un sac de plastique car c'est toujours cool de dormir au sec
- Kit de toilettage: brosse à dent, savon, shampoing, rasoir, etc...
- Mini pharmacie: antibiotique et immodium en cas de diarrhée du voyageur, ibuprophène pour les douleurs musculaires, multivitamines, barres énergétiques, polysporin, pansements, condoms, etc
- Dictionnaire Français-Espagnol
Total: 40 lbs (on se laisse du poids pour les souvenirs)

Dans le sac de planche:
- Deux planches à neiges (en cas de bris, mais aussi pour plusieurs conditions de glisse différentes)*
- Une seule paire de fixations
- Mes bottes de planche à neige
- Un sac de ride *
- Quelques pièces de rechange
- Équipement de survie en avalanche*: émetteur-récepteur, pelle escamotable, sonde
- Trousse de premier soin *
- Mon manteau et mes pantalons de snow
- Deux paires de mitaines
- Tuque et foulard
- Pôles de trekking *
- Un outil multifonction: couteau, pince, sciseau, débouche-bière, tournevis
- De la corde de 3mm d'épaisseur
- Des copies de la page d'identification de mon passeport, de mon permis de conduire et de mon certificat de naissance.
Total: 48 lbs

Ce petit exercice m'a aussi permis de me rappeller 2 ou 3 trucs que j'avais oublié de mettre dans mes valises... J'aurais eu l'air fin pas de serviette rendu là-bas!

En tout cas, le départ est maintenant dans 10 heures 15 minutes... je ferais bien de me mettre au lit! Réveil à 4h30 demain... beurk...


Ne vous inquiétez pas, je vous tiens au jus pour la suite!

Chargé dans la voiture
Quelques références:
Politique de LAN Airlines
Accord de l'IATA
Comment empaqueter selon CouchSurfing.org

lundi 25 juin 2012

Une semaine...

Plus qu'une semaine avant le départ.

On dirait que je ne m'en rend pas vraiment compte. Tout s'est passé tellement rapidement dans les derniers mois. Suite à mon dernier post, il me restait encore une session d'étude (vive les sessions d'été! .... not). C'était une session très chargée et j'ai eu que très peu de temps pour moi ni pour penser à mon projet. Bon, je l'avoue, ce n'est pas une excuse pour ne pas donner de mes nouvelles, mais disons que j'avais le cerveau ailleurs. Heureusement, j'ai tout de même pu trouver un peu de temps pour faire quelques préparatifs essentiels.


Premièrement, j'ai contacté l'ambassade Argentine au Canada pour connaître les différentes procédures nécessaires. Pour les touristes qui y restent moins de 90 jours (comme moi), il n'y a pas besoin de visa. C'est une bonne chose: un truc de moins à penser. Cependant, il y a un frais de 75$ US à l'arrivée. De plus, comme je n'ai pas pu être engagé d'avance par une station de ski, je n'ai pas fait de démarches pour obtenir un visa de travail. En effet, c'est à l'employeur d'en faire la demande. Je m'en occuperai plus tard si la chance me le permet.

Ensuite, je me suis tranquillement équipé pour le voyage : sacs de transport, sac de couchage, équipement de survie en avalanche, trousse de premiers soins, trousse pour l'entretien du snowboard, caméra montable sur mon casque (GoPro) et autres petits cossins pratiques. (Je reviendrai un par un sur ces différents équipements lors de mes prochains posts.) Heureusement, un de mes bons amis m'a très généreusement prêté quelques-uns de ces équipements afin de réduire les coûts.

J'ai aussi fait affaire avec une clinique de voyage pour recevoir certains vaccins utiles et une prescription d'antiobiotiques en cas de diarrhée du voyageur.

Maintenant, il ne reste plus qu'à faire les valises. Je dois réussir à tout placer l'équipement dans un sac de planche à neige équippé de roulettes et un sac à dos d'expédition de 65 L. De plus, il faut s'assurer qu'aucun des deux sacs ne pèse plus de 50 lbs afin d'éviter l'explosion les coûts extra pour le transport de baggages. Tout un casse-tête!

Bref, j'ai vraiment hâte d'y être, mais je dois avouer que plus la date approche, plus je me remet en questions. Est-ce que je suis assez bien préparé? Ai-je mis assez d'argent de côté pour prévenir l'imprévu? Comment puis-je être sûr qu'il ne surviendra aucune "bad luck" pendant le voyage?
Il faut aussi mentionner que j'ai l'impression d'avoir déjà tout oublié les notions d'espagnol apprises lors de mon cours d'initiation...

Mais bon, j'imagine qu'il est normal de ressentir ce genre de stress, en particulier lorsque c'est la première fois qu'on fait ce type de voyage seul...

Je termine sur ce petit gage d'un été de glisse extraordinaire: certaines stations de l'Argentine ont déjà reçu plus de 2 mètres de neige !!! (snow-forecast.com)
La station Cerro Castor, lors de leur journée d'ouverture le 21 juin

mercredi 9 mai 2012

Mashteuiatsh


Aujourd’hui, j’ai décidé de dévier un petit peu du sujet principal pour vous parler d’une expérience récente qui m’a particulièrement marquée. Étant donné que la visée de ce blog est de partager mes expériences culturelles (en Argentine cependant), le texte suivant se justifie en lui-même.

Il y a de cela quelques semaines, j'ai été envoyé dans la réserve autochtone de Mashteuiatsh, une communauté Innu (Montagnais), pour y vivre un stage de médecine en communauté. Le but du stage était de me sensibiliser à la pratique en communauté, ainsi qu’aux problèmes sociaux affectant la santé des autochtones dans les réserves.

Sans les affiches, pourriez-vous faire la différence?
C’est donc mardi le 10 avril (et non lundi car c’était une journée fériée), que je me suis mis en route vers la communauté située en berge du Lac-St-Jean, à 10 minutes de Roberval. C’est avec surprise que j’ai constaté à quel point la communauté ressemblait à n’importe quel village typique du Lac-St-Jean. Je me suis alors rendu à l’évidence que j’étais parti en direction du stage avec certaines idées préconçues à propos des réserves indiennes. Heureusement, j’ai été agréablement soulagé de ne pas avoir été dépaysé à mon arrivée. En effet, les maisons sont très jolies et tout ce qu’il y a de plus normal. Bien sûr, comme je le décrirai plus tard, cette jolie façade cache toutefois beaucoup de problèmes sociaux : pauvreté, abus et dépendances, qui sont plus présents dans les réserves autochtones qu’ailleurs au Québec.

Avant de m’aventurer plus loin dans la description de mon expérience, je crois qu’il est utile à ce moment de vous faire une petite mise point sur l’histoire des amérindiens et sur leur situation actuelle en vertu de la Loi sur les Indiens. Les informations contenues dans cette section proviennent d’un petit ouvrage publié par la Commission des droits de la personne, intitulé «  Mythes et réalités sur les peuples autochtones ». J’en recommande la lecture à quiconque souhaite se départir de ses stéréotypes et idées préconçues à propos des amérindiens.

Tout commence avec Jacques Cartier en 1534 (Ah! Ce sacré J.C.!). J.C. est donc débarqué sur cette nouvelle terre, y a planté une croix, assurant ainsi la souveraineté de la France sur ces terres et l’assimilation de ses natifs. FAUX. En fait, la relation entre les Français et les Amérindiens s’est plutôt orientée autour du commerce des fourrures. De ce fait, ils étaient des ‘alliés’ et non des ‘sujets du roi’.
Bien sûr, on se rappelle tous de notre histoire de secondaire 4 et de la façon dont l’Angleterre nous a clanché sur les plaines en 1759 et remporté la victoire en 1760. Suite à cela, la Proclamation Royale, première constitution du pays, fut instaurée en 1763. Les autochtones étaient bien sûr mentionnés dans celle-ci, et on leur reconnaissait un statut de groupe politiquement distinct, ainsi que la nécessité pour l’Angleterre d’obtenir le consentement des autochtones pour la colonisation des terres autochtones via la signature de traités. De 1781 à 1850, les traités se multiplièrent afin de préparer le terrain pour la Confédération de 1867. Bien sûr, chacun de ces traités a été lu et ratifié par TOUS les amérindiens éparpillés sur l’énorme territoire du Canada! (voyez-y ici du sarcasme) Donc, si on en résume l’essentiel, les autochtones n’ont jamais été assimilés ni par les français, ni par les anglais et ils n’ont jamais étés dépossédés de leurs terres. On peut ainsi comprendre les bases de la plupart des revendications territoriales. En 1876 survient l’une des pires atteinte aux droits des amérindiens : La Loi sur les Indiens. Sous cette loi, avec l’objectif inavoué d’assimiler les indiens, ceux-ci deviennent en quelque sorte des « citoyens mineurs sous la tutelle du gouvernement fédéral ». Je ne repasserai pas tout ce que cette loi inclus, mais un point très important y est la perte du droit de propriété comme on le connait. N’ayant pas droit à la propriété, les biens sur la réserve sont donc non saisissables, ce qui rend presque impossible l’accès au crédit à la consommation et à la carte de crédit, peut importe le revenu et la solvabilité. Cette mesure limitera donc grandement la croissance économique dans les réserves. Finalement, il ne faut pas oublier la sombre histoire des pensionnats, où toute une génération d’amérindiens y perdit sa dignité, sa langue et sa culture.

Monuments représentant les 4 saisons selon la culture Innu
Retour à 2012. Nous sommes donc en face d’une nation ayant perdu son territoire, ses droits et sa culture originale de façon insidieuse et sournoise. L’accès difficile au crédit peut ainsi aider à expliquer le taux de chômage et le salaire moyen nettement sous la moyenne canadienne, et la perte de la culture est un facteur souvent mentionné lorsque l’on tente d’expliquer les abus de substances et les abus psychologiques et physiques. Je tiens aussi à mentionner que la plupart des caractéristiques démographiques, sociales et de santé publique des réserves autochtones sont très similaires aux caractéristiques des milieux défavorisés. Il importe donc ici de se débarrasser des stéréotypes usuels qui racontent que les indiens sont violents, drogués, insouciants et paresseux.

Lors de mon stage de deux semaines, j’ai pu pleinement observer les effets pervers de l’histoire tumultueuse des autochtones. En effet, j’ai vu beaucoup de patients aux prises d’un problème d’alcool ou de consommation de drogues. Les grossesses à l’âge de 14 ans ne sont pas chose rare non plus. En fait, les relations sexuelles en plus bas âge sont si fréquentes que le vaccin Gardasil (contre le VPH, maladie transmisse sexuellement prédisposant au cancer de l’utérus) est administré 3 ans plus tôt à l’école. J’ai même pu rencontrer une femme ayant été battu par son mari. Ce n’était pas la première fois que cela arrivait et son visage montrait plusieurs plaies et un œil au beurre noir. Pourtant, cette jeune femme, à cause de la peur, de l’amour, ou de la tradition, je ne pourrais dire, restait tout de même avec cet homme violent, malgré le danger pour son intégrité physique et mentale.
Soumis au secret professionnel, il est cependant interdit aux infirmières, médecins ou étudiants de porter plainte à la police pour les méfaits du mari. C’est très frustrant et vraiment éprouvant de se retrouver impuissant devant une telle situation. C’est comme regarder un film. On est contraint à un rôle de spectateur.

Le soir, pour me changer les idées suite à cette expérience éprouvante, j’ai fait du jogging. L’activité physique et l’air pur sont les meilleurs moyens que je connais pour aérer l’esprit. Dans les rues, mis à part le paysage féérique du Lac-St-Jean et du petit village, j’ai pu observer un autre problème médical troublant touchant la communauté : l’obésité. Ceci est lié à un « gène économe » que les amérindiens auraient développé au cours de l’époque pré-coloniale, où seuls ceux ayant accumulé assez de réserves pouvaient survivre à l’hiver dévastateur. L’arrivée de la civilisation moderne, de la technologie et de la consommation facile a donc eu un effet dévastateur sur le corps de beaucoup d’amérindiens, conçu pour économiser et stocker l’énergie, sous forme de graisse. On le sait tous, l’obésité est lié à plusieurs problèmes de santé : athérosclérose, maladies coronariennes, arthrose, maux de dos, dépression, diabète, etc. Ce dernier, le diabète, est un problème de santé publique majeur chez les indiens. Encore plus malheureux, très peu des autochtones atteints contrôlent leur glycémie de manière optimale, les mettant à risque de plusieurs complications morbides : infections, neuropathie, insuffisance rénale, plaies chroniques, etc. Ce manque de compliance peut s’expliquer par la vision holistique (où la santé est determinée par une interaction entre le corps et l’esprit) que les autochtones ont de la santé, concept qui est difficilement applicable dans la médecine moderne. Cette vision holistique les pousse aussi souvent à utiliser des médecines alternatives, qui parfois peuvent comporter des effets secondaires très néfastes sur la santé si utilisées sans vigilance.

Malgré tout, il est réjouissant de constater que la communauté de Mashteuiatsh travaille très dur pour renverser la vapeur et améliorer les conditions de ses habitants. Des initiatives comme le programme IMPACT, permettant le suivi des enfants de familles à risque de problèmes de développement, ont été mis sur pied. Ce programme vise les enfants de parents de moins de 21 ans, qui consomment des drogues ou qui ont un revenu familial sous le seuil de la pauvreté. Ces enfants sont suivis régulièrement dès leur naissance par l’infirmière qui s’assure de leur bon développement et conseille ensuite les parents sur l’éducation et le développement mental de l’enfant. Une telle initiative permet ainsi un suivi et un accompagnement personnalisé des enfants dans le besoin afin d’assurer qu’ils aient toutes les fondations nécessaires pour réussir pleinement leur développement. J’ai aussi pu assister à un cours de langue Innue, le Nehlueun, qui permet à ceux qui veulent reconnecter à leur culture via la langue traditionnelle de le faire. Contrairement au français, à l’anglais ou à l’espagnol, le Nehlueun est une langue imagée. Les mots sont donc formés d’une agglomération de mots plus simples pour donner le sens voulu. Par exemple, « tshinishkumitin », qui signifie « merci », veux littéralement dire « Je te donne une outarde ». L’outarde, « nishk », est reconnue comme un gage de remerciement chez les Innus.

Et c’est sur ce remerciement que je conclus ce (relativement) court texte. J’aurais pu en écrire beaucoup plus; l’histoire des amérindiens est très riche et très intéressante et la relation entre celle-ci et les différents facteurs ayant influencés sur leur situation socio-économiques ont été à peine abordés. En bref, j’espère vous avoir aidé à comprendre que tous ces stéréotypes que vous possédiez peut-être envers les amérindiens ne sont que le résultat d’une histoire mouvementée ayant mené à la perte de plusieurs droits fondamentaux chez les amérindiens, menant à une situation socio-économique peu enviable, ainsi qu’à leur perte d’identité, essentielle à la prospérité et la fierté d’un peuple.

Tshinishkumitin. Merci à tous.

samedi 14 avril 2012

Dernière journée de ski de la saison?

C'est 20 degrés sous le soleil, le snowboard au pieds, une bière à la main, que j'ai passé ma journée. La belle vie!
Dernière fin de semaine d'ouverture du Valinouët, il faut bien en profiter!

mardi 10 avril 2012

L'ultime engagement

C'est toujours un sentiment bizarre. Comment un geste si simple, un seul clic, peut-il amener tant de doutes dans mon esprit?
Pourtant, ça fait déjà plusieurs mois que la décision est prise. Je vais en Argentine. Il n'y a pas de discussions à y avoir. Mais pourquoi est-ce si difficile?
Est-ce que c'est à cause du prix? De l'inconnu? De l'éloignement? J'essaie de raisonner cette peur d'appuyer sur le bouton. Je me dis que c'est normal. Ce n'est pas pour rien que le mariage nécessite une grande cérémonie dans une église avec toute la famille et les amis comme témoins. Tout le monde a peur de l'engagement, que ce soit envers la femme ou bien le voyage de sa vie.


Je prend une grande inspiration. Il n'est question que d'une simple flexion de l'index après tout! Ça y est, je le fais. Je sens presque l'influx électrique démarrer du cortex moteur dans mon hémisphère gauche, puis descendre le tronc cérébral en direction du plexus brachial du côté droit, puis vers le nerf médian qui active finalement le muscle fléchisseur de l'index*.

"clic"

Page blanche.

Mon coeur s'est arrêté de battre pour un instant. L'écran de confirmation apparaît. "Voulez-vous vraiment acheter ce vol?"

...

Merde, toute cette émotion pour rien. De rage, je clique sur confirmer.

...

Merde.

...

Mais pourquoi "merde"? Je devrais être content non? Je viens de le faire. C'est vrai, je viens d'acheter les billets. Maintenant je ne peux plus revenir en arrière. Je vais en Argentine.

Mais une minute... Je vais en Argentine? Oui! Mais quel été de fou je vais passer là-bas! Départ le 2 juillet. 23h de vol, incluant les escales à Mexico et Santiago du Chili, pour enfin me retrouver à Buenos Aires, capitale et plus grande métropole de l'Argentine. J'y passerai peut-être quelques jours, tout dépendant des conditions de neige dans les montagnes des Andes. Je me dirigerai ensuite vers la montagne offrant les meilleures conditions, soit par autobus pour atteindre Cerro Cathedral, Cerro Chapelco ou Las Lenas, ou par avion vers la Terre de Feu pour skier Cerro Castor.


Et ensuite? Je ride! Je profites de ce que le bon vent m'amène. Je fais connaissance avec les riders locaux et avec les voyageurs américains et européens. J'en apprend sur la culture et je paufine mon espagnol (qui, présentement, laisse terriblement à désirer).

Las Lenas
Il me reste beaucoup à faire avant que tout soit réglé, mais pour l'instant la plus grosse étape est franchie. Cet été, ça va être fou!

Notes sur l'achat de billets d'avion
J'ai acheté mon billet sur Expedia.ca. Il existe beaucoup d'autres très bons sites pour l'achat de billets et j'ai pris mon temps pour magasiner afin de trouver le billet le moins cher. Comme je ne suis pas un habitué des voyages internationaux, je vous laisse en cadeau ce lien qui décrit plusieurs des sites les plus populaires : cliquez ici!
Une fois la date de départ et de retour entrée, j'ai ensuite choisi le vol le moins cher. Pas étonnant qu'il dure 23h, avec deux escales à faire sur deux compagnies différentes.
Avant d'acheter, j'ai aussi pris la peine de lire les politiques de bagages des différentes compagnies. En effet, avec un équipement de planche à neige complet à traîner, mieux vaut éviter les mauvaises surprises!
Une fois l'achat finalisé, il ne restait plus que le choix des places. J'ai pris soin de prendre place au bord de la fenêtre du côté gauche afin de pouvoir profiter du magnifique paysage offert par la Cordillère des Andes.

Varia
L'achat d'un petit livre touristique sur le pays à visiter est un complément utile à la préparation du voyage. Dans mon cas, j'ai fait acquisition un National Geographic. Ça fera une joyeuse lecture de chevet!




* D'accord, j'avoue, je suis un geek.

vendredi 16 mars 2012

Préparation

Cet été sera probablement le dernier été ou je pourrai tenir un projet du genre. C'est le dernier été où je peux me permettre de quitter le pays pendant 2 mois sans aucune responsabilité.
J'ai donc décidé de rendre cet été tout spécial, en allant vivre ailleurs, loin de ma famille, obligé à me débrouiller seul, l'expérience quoi!

Grand amateur de planche à neige, j'ai décidé de me diriger vers l'Amérique du Sud, où l'axe de la Terre y amène de la neige en été. C'est vers la Cordillère des Andes, 2e plus haute chaîne de montagne au monde, plus précisément en Argentine, que je me dirigerai cet été.

Durant ce voyage, je prévois pratiquer la planche à neige dans 2 ou 3 centres de ski différents et m'immerger dans la culture du pays en vivant en appartement lorsque possible ou sinon en auberge de jeunesse.

Pour m'occuper, bien sûr je vais glisser, mais je prévois aussi donner des cours de planche à neige afin d'avoir un peu d'argent de poche lors du voyage. Je possède en effet une certication de moniteur niveau 2 de l'ACMS (Association Canadienne des Moniteurs de Surf des neiges)

Évidemment, ce genre de voyage nécessite un tantinet de préparation. Je vous fait donc part des étapes de ma préparation jusqu'à présent. Bien sûr, cette liste est non exhaustive et sujette à changements lors des prochains blogs.

1)Renouveller mon équipement de planche à neige
Mon ancienne planche à neige avais fait son temps: il manquais plusieurs bouts de carres, il y avait deux boulons sur la spatule pour empêcher sa délamination, etc...
Il fallait changer, je me suis donc procuré une planche à neige de freeride (Nitro Panthera) afin d'être prêt à tous les types de conditions (poudreuse, glace, etc) que je pourrais trouver là-bas.

2)Apprendre l'espagnol
J'ai d'abord tenté d'apprendre l'espagnol de façon auto-didacte. Ce fut un échec monumental: les cours, les travaux, la vie sociale, TOUT prenait priorité sur mon apprentissage du nouveau langage.
Je me suis donc inscrit cette session-ci à un atelier d'espagnol. C'est un peu court comme délai et je risque de ne pas être très à l'aise lors du débarquement en Argentine, mais c'est mieux que rien!

3)Créer mon itinéraire
À venir! J'ai envie de visiter un peu le pays en touriste avant de commencer à skier.

4)Obtenir un visa de travail
À venir!

5)Acheter les billets d'avion
L'ultime test d'engagement... À venir!

Dans les prochains blogs, j'entrerai plus en détails dans ma préparation pour ce super voyage, restez informés!