dimanche 15 juillet 2012

Chez Thiago et Ruben

Un assez petit appartement
Celà fait maintenant 5 jours que j'habite chez Thiego et Ruben, rencontrés grâce au site CouchSurfing.org. Ces deux amis sont co-propriétaires d'un assez petit logement à Ushuaia. Pourtant, l'appartement n'est pas petit parce qu'ils manquent de moyen: Thiago est superviseur d'une usine de fabrication de télévisions de Sony et Ruben est caissier. Cependant, les appartements sont incroyablement chers en Patagonie: plus de 5000 pesos pour cette petite habitation (plus de 1000$ par mois). J'ai bien essayé de les convaincre que je pouvais partager le loyer afin de justifier d'y rester presque 20 jours, mais ils sont beaucoup trop accueillants pour accepter. J'ai même essayé de faire la vaisselle et le ménage, sans succès...

Je dors sur un matelas à terre ici
Ici, je dort sur un matelas à terre dans la chambre de Thiago. Ruben est un excellent cuisinier, alors j'en profites quand il est là. De plus, c'est un endroit parfait pour améliorer mon espagnol. En effet, Ruben ne parle pas un mot d'anglais ni de français. Après seulement 5 jours, je commence à être capable de le comprendre (une fois sur quatre) et de lui répondre (je suis vraiment, mais vraiment fier de moi là). Cependant, il m'en reste encore beaucoup à apprendre. Je passe la plupart de mes soirées sur des sites d'espagnol (www.espagnolfacile.com) afin d'améliorer mon vocabulaire et apprendre les temps de verbe. 


Le bout du monde
De la crème glacée!!!
Du Dulce de Leche sur un muffin :P
Ils m'ont fait visiter le bout de la route d'Ushuaia, d'où on peut voir l'océan Antarctique et les montagnes du Chili et goûter à la délicieuse crème glacée Argentine et au Dulce de Lechee. Le Dulce de Leche, ou confiture de lait en français, c'est un caramel délicieux qu'ils utilisent sur la plupart de leurs desserts. C'est délicieux au point que j'en mets sur mes toasts à tous les matins. D'après moi, c'est leur équivalent de notre sirop d'érable. J'en ramenerai quelques pots dans mes bagages.

De plus, les matins Ruben me reconduis au centre-ville pour que je puisse prendre l'autobus qui m'amène à Cerro Castor. Malheureusement, Ruben est un très mauvais conducteur...

Pour ce qui est du snowboard, je continue à en faire presqu'à tous les jours. J'ai eu droit à de très jolies conditions: de la neige molle, de la poudreuse fraîche et même une journée bien québécoise à -20°C, parfaite pour le parc et les virages coupés. J'y ai rencontré d'autres gens bien sympatiques avec qui rider et peut-être avec qui sortir le soir plus tard dans la semaine. Un matin j'ai aussi rencontré un couple de Suisses dans les bus. Enfin, du français!!! Ils faisaient un grand tour de l'Argentine et étaient de passage pour quelques jours à Ushuaia pour visiter le parc national et faire un peu de ski.
J'ai aussi tenté d'obtenir un travail en tant qu'instructeur de snowboard, cependant mon espagnol n'était pas assez à point pour être utile: la plupart des clients parlent portugais et espagnol. Malheureusement, Cerro Castor reçoit très peu de touristes européens et nord-américains à cause de son éloignement. Cependant, cette petite recherche d'emploi m'a permis de parler à plusieurs instructeurs de ski du coin. J'ai appris que la plupart vivaient dans les auberges de jeunesse et prenaient les bus à tous les matins comme moi. De plus, j'en ai rencontré quelques-uns qui pratiquaient le ski hors-piste dans le "backcountry", c'est-à-dire dans les pistes qui ne sont pas desservies par les remontées mécaniques. Ce sera une expérience à essayer (de préférence plusieurs fois) cette été (ou hiver, je ne sais plus comment appeler ma situation).

Ce qui s'en vient? Je prévois rester encore une dizaine de jours à Ushuaia. Il y a une compétition le 22 juillet à laquelle je compte participer. De plus, avec Ruben et Thiago nous prévoyons visiter le parc national avant mon départ. Ensuite, je prendrai le bus pour Bariloche pour une ou deux semaines, puis Las Lenas pour une semaine, pour enfin terminer ma course où elle a commencée, à Buenos Aires.

dimanche 8 juillet 2012

El Fin del Mundo


Ça y est, j'y suis : Ushuaia. Le Bout du Monde. El Fin del Mundo. Car c'est bien sûr la ville la plus au sud de la planète. Cependant, y arriver ne fut pas de tout repos...

J’ai failli manquer mon avion. J’avais pris le métro pour me rendre jusqu’au terminus de Retiro, à 15 minutes en bus de l’aéroport Jorges Newberry, un plus petits aéroports pour les vols intérieurs. Je vous ai déjà dit que le système de bus était un enfer? J’ai passé 30 minutes à chercher l’arrêt de bus numéro 45 en direction de l’aéroport. Face à mon échec, je me suis encore retourné vers un taxi. J’ai été chanceux d’en trouver un de type « wagon » où j’avais assez de place pour transporter ma planche. Les pauvres Fiat habituelles n’auraient eu aucune chance…
L’aéroport était bondé et il ne me restait que 50 minutes avant le décollage. J’ai couru jusqu’au check-in, faisant trébucher plusieurs personnes avec mon snowboard par accident. « Lo siento! », « Disculpa! », « Permisso! » Je balançais ces excuses au hasard pour ne pas avoir l’air trop brusque.
Finalement arrivé au terminal, j’ai été agréablement surpris de ne pas avoir à payer de surplus pour les baggages. Je devrais revérifier le site web: peut-être qu’il y a une exception pour les vols en direction des centres de ski. Une fois les bagages remis, j’ai couru vers la porte 3, qui est en fait un bus nous conduisant jusqu’au bon avion sur la piste.
On commence à voir les Andes depuis l'avion :)
5 minutes plus tard, j’entends « El pasajero Larrrribe. Pasajero Larrribe? ». « Si? ». « The police thinks there is something illegal in your baggages, follow me ». Shit… J’espère que c’est rien et que je ne vais pas manquer mon autobus pour ça. Finalement, tout ça ce n'était qu'à cause de mes barres tendres qui avaient une allure suspecte au rayon-X. Ouf. Retour à l’avion, décollage, on est parti!
Dans l’avion, je souris. Ils font passer les Gags Juste pour Rire à l’écran. Je ne savais pas que c’était populaire jusqu’ici. C’est très drôle de reconnaître certaines rues de Montréal et les voitures du SPVM dans une émission à l’autre bout du monde.

Une rue d'Ushuaia
À l'auberge de jeunesse, ma chambre ressemble presqu'à l'hôtel!
15 minutes avant l'atterissage. On commencait à voir les montagnes, toutes couvertes de neige. J'ai pris des photos malgré l'interdiction d'utiliser les appareils électroniques durant l'atterrissage (que je suis rebelle!). L'aéroport est un des plus jolies qu'il m'eut été donné la chance de voir, avec plusieurs poutres en bois rond et autres décorations lui donnant une allure de chalet de ski. Un taxi, fourni gratuitement avec ma réservation à l'Auberge de Jeunesse, m'a conduit jusqu'à Ushuaia. Ça ressemble à une jolie petite ville côtière. Beaucoup de petites maisons, de chalets, de bâteaux de pêcheurs et d'établissements touristiques. Il y a même un casino! Je suis arrivée à Los Cormoranes, une jolie Auberge de Jeunesse du réseau HI hostels (hosteling international). Pour 70 pesos par jour (environ 16$), j'ai droit un lit confortable dans une chambre à trois lits simples avec une toilette privée. C'est presque comme à l'hôtel! Si je ne me trouves pas d'appartement, j'envisage sérieusement d'y vivre pour le prochain mois : ça revient à environ 500$, ce qui est raisonnable pour un appartement. Cependant, je dois absolument me trouver un amis avec un voiture: 15$ par jour pour le bus, ça commence être cher payé.
Je auis allé prendre une petite marche pour faire l'épicerie. Les fruits et légumes sont passés date, une chance que j'ai amené des multi-vitamines pour compenser! Je me suis donc acheté des trucs pour faire des sandwichs, des hot-dogs et des pâtes.
Le soir, petit tuning de snowboard: j'ai enlevé l'excédent de cire laissé pour protéger la base et les carres durant le transport.

Instructor de canada ;)
Le lendemain, j'arrives en courant dans le bus. Il est arrivé à 8h45 alors que la dame m'avais qu'il serait là vers 9h... J'ai enfilé mis mon stock de snow aussi rapidement!
Cerro Castor, le centre de ski local, est à environ 25 km. Arrivé là, je demande à la billeterie s'ils possèdent des rabais pour les moniteurs de ski. Après s'être informé, on me répond que oui: gratuit la première journée, puis prix des résidents d'Ushuaia par la suite. Nice! On me donne mon billet pour la journée. Dessus, il est écrit "instructor de canada". Ça me fait rire. 
La première remontée!

Première remontée. Cerro Castor est le plus jeune centre de ski de l'Argentine, il est donc très moderne: les portillons devant les télésièges me laissent passer automatiquement dès qu'ils détectent mon billet. Durant la remontée, je ne peux que m'émerveiller devant les magnifiques paysages: des montagnes et de la neige à perte de vue! On peut observer quelques anciens corridors d'avalanches sur les sommets environnants, mais pas d'avalanche récente. Je prend quelques photos et je sort ma caméra GoPro de mon sac pour l'installer sur mon casque. Merde! j'ai oublié de la recharger avant de partir! Les vidéos ce sera pour demain alors.
Il faut deux télésièges pour atteindre le sommet situé à une altitude de 1057 mètre: un dénivelé de 772 m. La base du mont étant très près du niveau de la mer, la première moitié est recouverte d'arbres, ce qu'on ne trouve pas dans les autres monts de ski dans les Andes.

La carte de Cerro Castor
Le paysage est tout simplement grandiose

Première descente. Je décides de m'aventurer dans la grande étendue de neige blanche qui fait sont aiguicheuse devant moi. Fuck les pistes damées, je suis pas venu pour ça! La neige a une consistance très solide. C'est de la poudreuse, mais compactée par des jours et des nuits de vents puissants. C'est la première fois que je ski ce type de neige, on n'en trouve pas au Québec. C'est comme un mélange de piste damée et de poudreuse : la neige est très dure, mais naturelle et sans traces de descentes précédentes. Ma planche s'enfonce d'à quelques centimètre. Je dois l'avouer, ce nouveau type de neige auquel je n'étais pas habitué m'a fait chuter dans les premiers 100 m de descente. Après un moment, je m'habitue: j'adore.
À la mi-montagne, les arbres commencent à apparaître et je décide d'entrer dans les sous-bois. Ici je suis en terrain connu : de la grosse poudreuse, légère à souhait, comme dans les sous-bois au Québec! On se croirait au Valinouët après une tempête de neige, sauf qu'ici les sous-bois ne sois pas aménagés: les arbres sont naturellement espacés.
Après deux descentes, je décides d'aller faire un tour dans le snowpark. Devant moi, se tiennent quatre magnifiques sauts, parfaitement découpés, près à m'accueillir. À la fin de la descente, le sourire me fend jusqu'aux oreilles!
Une descente avec Emanuel
En remontant dans le télésiège, je fais la connaissance d'Emanuel, un Argentin de Rio Grande qui passe souvent ses fins de semaines à Cerro Castor. Nous faisons quelques descentes ensembles. Malgré le fait qu'il ne parle pas anglais, on se comprend très bien: la passion pour le snowboard, c'est universel.
Il me présente à ses amis et ensemble nous passons la journée à déchirer le park et les pistes de poudreuse au sommet. Connaissant la montagne comme sa poche, il me montre plusieurs passages peu connus.
C'est super, je sais que je me suis fait un ami avec une voiture à qui je vais pouvoir têter des lifts de temps en temps. De plus, il connait peut-être des gens chez qui je peux loger.
Après une super descente, j'observe nos traces
De retour à l'auberge, je suis épuisé, raqué, fini, mort. Les cuisse me chauffent, mon dos élance et mon cou m'en veut. Pas grave, je suis heureux. Après souper, je recharge ma GoPro tout en cherchant Emanuel sur facebook. Il doit y en avoir 200... Heureusement, j'en vois un avec un photo de lui en snowboard avec un manteau très similaire. J'attend toujours qu'il accepte la demande... Bon, ben ça l'air que je vais devoir reprendre le bus demain! Au pire, je le croiserai dans le park. Sur ce, je vais me coucher, car une autre journée de fou m'attend demain!

samedi 7 juillet 2012

Pickpocket


Je suis dans métro à moitié endormi. Il doit être environ sept heures du soir. Je le prends à chaque jour depuis la résidence de Gustavo pour aller visiter les sites historiques de Buenos Aires. Les métros sont très pratiques à Buenos Aires; peu dispendieux (environ 2.50 pesos, soit un peu plus de 50 sous) et couvrant très bien la ville. Ce soir cependant, c’est plein et il fait vraiment chaud avec mon manteau d’hiver. Je mets mes mains dans mes poches de manteau par automatisme. C’est bizarre… Où est mon appareil-photo? TAB****K
Pourtant je me rappelle l’avoir utilisé juste avant d’entrer dans le métro. Je me suis servi pour me retrouver, car j’ai photographié la carte de Buenos Aires. C’est un petit truc pratique que j’ai découvert. Beaucoup plus pratique que de sortir mon Lonely Planet ou mes cartes de mon sac à dos. En plus, t’as l’air moins perdu. Ça peut aussi se faire avec un cellulaire pour ne pas du tout avoir l’air touriste.
Mais bon, quelqu’un a du profiter de ma somnolence pour subtiliser l’appareil de ma poche de manteau laissée ouverte. Je vais refermer le zipper la prochaine fois : j’ai retenu ma leçon.
Je crois que ce qui me fâche le plus dans tout ça, c’est de perdre les photos que j’avais prises. Plus de 200 photos prises pendant 2 jours à marcher de 5 à 7 heures par jour jusqu’à en avoir mal aux genoux. Cr***…

Regardez où vous mettez les pieds, il est facile de trébucher
Une chance, j’avais pris les photos les plus importantes lors de la première journée. Première chose que j'ai remarqué en sortant de chez Gustavo : toujours regarder où on met les pieds. Les gens ne remassent pas les crottes de leur chien et les trottoirs en dalle sont souvent inégaux et il est facile d'y trébucher. J’ai commencé par visiter le cartier San Telmo, un très vieux cartier de la ville rempli d’histoire et de bâtiments antiques. On y trouve aussi un grand marché intérieur avec plusieurs boutiques d’antiquités. C’était une journée pluvieuse et froide. Plus tard, n’ayant pas encore déjeuné, j’ai pris une pause dans le seul restaurant qui me disait quelque chose : un restaurant de crêpes. En commandant, je me suis vite rendu compte que le propriétaire était Français. Ah, quel soulagement de pouvoir parler français après tous ces maux de têtes pour tenter de me faire comprendre en espagnol! Il m’a parlé d’une rencontre mensuelle entre les Français de Buenos Aires qui aurait justement lieu le lendemain soir. Parfait, ça va me faire du bien de prendre une bière ou deux (ou plus encore) avec eux!
San Telmo

Marché intérieur à San Telmo




Après une délicieuse crêpe au Dulce de Leche et une joyeuse conversation à propos de la souveraineté du Québec, j’ai repris ma marche vers la Plaza de Mayo. C’est un petit parc historique ou se tenaient souvent les discours du président et les manifestations du peuple. Au alentours, on y trouve plusieurs monuments historiques : Banco de la Nacion, Casa Rosada et Cathedral Metropolitana. J’ai visité la cathédrale, magnifique en son architecture et richement décorée. À l’intérieur, on retrouve la tombe du General José de San Martin, un des héros les plus vénéré de l’Argentine pour son rôle dans l’indépendance de l’Argentine avec l’Espagne. J’ai aussi pris quelques photos de la Casa Rosada, la « Maison Rose », contenant les bureaux de la présidente. Historiquement, c’est depuis les balcons de la Casa Rosada que furent prononcés plusieurs discours enflammés par les politiciens du passé. J’ai ensuite visité le Museo del Bicentenario, situé derrière la Casa Rosada, afin d’en apprendre un peu plus sur l’histoire. Malheureusement pour moi, tout était en espagnol… Je vous laisserai soin d’aller visiter la page wikipedia de l’Argentine par vous même si vous voulez en savoir plus sur son histoire: Je ne crois pas être la bonne personne pour ça.
Plaza de Mayo


Casa Rosada
Cathedral Metropolitano
 

Museo del Bicentenario

Calle Florida
 Marchant vers le Nord, je suis entré dans le Microcentro, le cartier des affaires contenant la rue Florida, une grande rue piétonne remplie de boutiques, centres d’achats et marchés au puces en tout genre. J’ai fait quelques emplettes : un ceinture, une gourde pour faire du Mate (genre de thé très populaire en Amérique du Sud), des cartes postales et des lunettes de soleil de contrefaçon, ayant oublié les miennes à Chicoutimi. Pour le dîner, j’ai suivi les conseils du Lonely Planet qui recommendait une petite cantine pour goûter à de la parrillada pour pas cher. J’ai eu beaucoup de difficulté à la trouver, c’était vraiment petit. Pour 70 pesos (environ 15$), j’ai eu droit à une énorme assiette, sur un réchaud, remplie de différentes coupes de viandes de bœuf. C’était extrêmement juteux et goûteux : du paradis dans ma bouche. 100X meilleur que n’importe quel BBQ. Si vous allez en Argentine, c’est le plat que vous devez essayer. N’ayez pas peur de certains morceaux qui ont l’air peu appétissants (notamment des bouts d’intestins et des saucisses vraiment bizarres) : ils sont délicieux!
Parrillada
Au retour, j’ai traversé l’Avenida 9 de Julio, une des plus larges rues du monde (110 m de largeur) et photographié l’Obélisque de 67 m. Il est a noter que le 9 juillet est la fête de l'indépendance de l'Argentine. J’ai ensuite passé devant plusieurs autres monuments historiques avant de terminer ma course au parc de San Martin, après plus de 7 heures de marche. Arrivé à la maison, j’ai téléchargé les photos de ma caméra sur l’ordinateur.

Obélisque
Avenida 9 de Julio
Parc San Martin
Vue depuis le parc San Martin
La deuxième et la troisième journée, j’ai visité les cartiers de Recoleta et Palermo. Contrairement à mardi, j’ai eu droit au soleil, mais accompagné de températures plus beaucoup plus froides : entre 0 et 10°C en moyenne. Hey! On se croirait presqu’en été à Chicoutimi! Recoleta et Palermo sont des cartiers de la classe moyenne et riche. Les maisons et condos y sont très jolis, il y a une énorme piste cyclable et des parcs et de la verdure à en rendre jalouse la ville de Sherbrooke. J’y ai visité le Jardín Botanica et le Jardín Zooligica. Le jardin botanique était gratuit et remplis de chats et statues de personnages historiques. Ça valait le détour. Le Zoo cependant fut un gaspillage de mes 50 pesos. En hiver, plus de la moitié des animaux étaient manquants et ceux qui restaient étaient enfermés dans de très petites cages et semblaient très peu joyeux. Si vous voulez voir un zoo, tenez-vous-en au Zoo de Granby, sérieusement…
Le soir, je suis allé voir les Français de Buenos Aires qui se rencontraient dans un bar très bien caché à l'autre bout de la ville. Ça fait du bien de chasser le mal de tête qui te pogne après 3 jours à tenter de te faire comprendre en espagnol et en anglais… J’ai rencontrés plusieurs personnes avec qui je pourrai faire la fête lors de mon retour à Buenos Aires avant mon départ final. Ce fut une jolie petite soirée bien tranquille, à boire quelques bières avec du bon monde et manger des Quesedillas. Le retour fut un peu compliqué cependant. Les métros ferment tôt et le système de bus, détenant le record du plus grand nombre de lignes de bus par habitant (selon Gustavo), est un vrai enfer à utiliser. Après avoir attendu plus d’une heure pour ma ligne, j’ai finalement décidé de prendre un taxi. Tout de même, un taxi à 80 pesos contre un bus à 1.50 pesos, j’aurais préféré la deuxième option…
La troisième journée, j’ai repris ma longue marche dans le cartier Palermo et visité le Jardín Japonés et le Museo Nacional de Bellas Artes. Au Jardín Japonés, pour 15 pesos vous pouvez observer de très jolis arrangements, des bonzaï et des gros poissons Japonais. Le classique Japonais quoi! Ils font aussi de délicieux sushis pour environ 100 pesos (20$). Bon, vous me direz que pour quelqu’un qui vient visiter l’Argentine pour apprendre l’espagnol, c’est assez peu orthodoxe d’aller visiter un jardin Japonais, mais je vous répondrai que j’ai bien le droit de visiter ce que je veux, nananère! Au musée des Beaux-Arts, j’ai pu observer des œuvres de Van Gogh, Renoir, Monet, Gaughin et autre. Ok, je dois avouer, c’est vraiment pas mon truc… J’ai tenté d’avoir l’air connaisseur, en passant un temps respectable devant chaque tableau, mais je ne savais sérieusement pas quoi regarder… Je ne faisait que rechercher des blagues cachées dans les peintures (comme un pickpocket visible dans une des peintures). Bon, c’est quand même très joli, mais sans base solide en art et en histoire, je ne crois pas que c’est possible d’en profiter pleinement. Heureusement pour moi, cette attraction était gratuite. J’ai aussi tenté de visiter le cimetière comme Gustavo me l’avait recommandé, mais il était déjà tard : c’était fermé.
J’ai finalement marché vers le métro, avec des douleurs intenses aux chevilles, aux genoux et au dos de ces trois jours de marche. Malheureusement pour vous, les photos de ces deux journées se sont envolées avec l’appareil à ce moment! L’important reste les souvenirs qui sont gravés dans ma mémoire de ces superbes journées. Ça, aucun pickpocket ne peux me le prendre!

Ma chambre chez Gustavo
En résumé, si on exclus ce malencontreux incident, j’ai apprécié mon séjour à Buenos Aires. C’est une magnifique ville, chargé d’histoire et avec sa personnalité bien à elle. Mon séjour chez Gustavo s’est aussi très bien passé. C’est un homme à qui on peut faire confiance, et rempli d’hospitalité. Il m’a donné beaucoup de trucs sur les activités à faire et les monuments à voir à Buenos Aires, ainsi que sur le couchsurfing en général pour mes prochains voyages. Il m’a même offert un verre d’un bon vin Argentin !

Stats de Buenos Aires:
3 050 700 d'habitants (12 925 000 d'habitants pour son agglomération)
Superficie : 203 km carrés
Nombre de lignes de bus : 144
Revenu moyen: 18 000 $US

mardi 3 juillet 2012

38 heures


St-Adrien, 2:00 am
Incapable de dormir. Est-ce j’ai oublié quelque chose? J’y repense, je retourne les idées dans ma tête, mais ça ne me revient pas.  Ça doit être le stress. Au pire, je dormirai dans l’avion.

St-Adrien, 4:30 am
DRIIIIIIIIIIIIINNNNNNGGGG!!!!
Os** de cadran…. Laisses-moi dormir un peu…
Bon je me lève, c’est le temps de partir. Je fais les derniers préparatifs. Les trucs que j’avais oubliés me sont revenus à la mémoire ce matin. Je les met dans mon sac déjà surchargé puis je prends une petite douche.
On entre dans la voiture. Mes parents en ont fait une petite sortie familiale; je crois qu’ils sont un peu inquiets de me voir partir ainsi. Ils en profiteront pour magasiner un peu à Montréal après mon départ.
À l'aéroport, prêt à partir?
La voiture démarre, je m’endors instantanément.

Montréal, aéroport P-E Trudeau, 7:15 am
On sort le stock de la valise. J’attache mon petit sac Lavoie sur mon sac de planche pour ne pas avoir à le traîner. Mais qu’est-ce qu’il est lourd ce sac de planche! Moi qui croyait qu’avec des roulettes ce serait un jeu d’enfant à traîner! Le sac d’expédition est beaucoup plus pratique avec sa ceinture qui fait supporter tout le poids par les hanches.
J’arrive au contrôle d’AeroMexico, l’agent de bord commence à me parler en espagnol… Je ne comprends rien… J’espère que mes cours d’espagnol vont me revenir assez vite! On s’entend sur l’anglais pour converser. Finalement, le surplus de bagage n’est pas aussi dispendieux que je l’avais prévu : 50$ pour tous les trois vols au total.
Mes parents me rejoignent pour déjeuner. 2 œufs bacon, pour bien partir la journée!

Montréal, aéroport P-E Trudeau, 8:45 am
J’ai passé la sécurité et je me suis dirigé vers le quai d’embarquement. J’ai profité de la boutique hors-taxes pour acheter quelques souvenirs du Canada que je pourrai donner aux âmes charitables qui m’hébergeront durant mon voyage. J’acquiers aussi des patches du drapeau du Canada, car on est toujours sûr d’être bien accueilli ailleurs quand on est Canadien. J’espère que la destruction lente de notre beau pays par le gouvernement Harper ne transparaît pas trop à l’étranger…
J’essaie aussi de désactiver mon cellulaire pour les deux mois de vacances afin d’éviter de payer mon forfait pour rien. « Désolé, c’est réservé aux comptes entreprises »…  Cr***… Bon ben au moins j’aurai un cellulaire fonctionnel en cas d’urgence (mais coûteux en frais longue distance).

Montréal, vol 681 d’AéroMexico, 9:51 am
Départ dans 15 minutes. Tout le monde parle espagnol : les passagers, les hôtesses, le pilote. Décidément, l’immersion commence tôt! Je crois que je vais commencer à étudier mes livres d’espagnol maintenant…

Ciudad de Mexico, puerta 54, 4:14 pm
Le vol s’est bien passé. J’ai pu observer plusieurs jolis paysages de ma fenêtre. M’orienter à l’aéroport fut un petit peu compliqué cependant. Très peu d’agents parlaient anglais, j’ai dû me débrouiller avec de la gestuelle et les quelques mots qui me venaient à l’esprit. « Si! » « Buenos Aires! » « Gracias »… Ça se résume pas mal à ça…
Heureusement, j’ai pu retrouver tous mes bagages et les mettre sur les bons convois (enfin, je pense…)
Et maintenant? Le départ est à 8:25 pm, il reste 4 heures à passer. Ah ben tiens, c’est exactement la durée de pile qu’il reste sur mon portable. Je pars à la chasse au réseau Wi-Fi!!!

Ciudad de Mexico, Chilis Too restaurant, 5:18 pm
Une Corona! J’avais complètement oublié que c’était la bière nationale au Mexique. Bon, en attendant mon cheeseburger, c’est facebook time!

Ciudad de Mexico, puerta 56, 7:45 pm
« Larrivae Samouel, please reporrrt to gate 56. Larrivae Samouel, reporta en la puerta 56 ». Bon qu’est-ce que j’ai fait encore?
Un de mes bagages est n’est pas encore dans l’avion. J’espère que c’est la planche à neige, car elle je n’en ai pas besoin pour m’habiller…

Ciudad de Mexico, puerta 56, 9:05 pm
Le vol était sensé partir il y a de cela 40 minutes. Pourtant l’avion est visible de la fenêtre depuis plusieurs heures. Bon je ne me pose pas trop de questions, ça ne changera pas grand chose. De toutes façons, ils ont commencé à distribuer des cahiers à colorier aux enfants, j’imagine que j’en ai pour un bout…

Santiago de Chile, puerta 17a, 11:00 am
Je suis finalement arrivé au Chili. Le vol a été retardé de 3 heures, ce qui m’a fait manquer mon transfert. Résultat : J’arriverai à Buenos Aires vers 17h au lieu du 10h am prévu initialement.
Pour ce qui est de mes bagages, j’ai joué à la balle de ping-pong humaine entre deux compagnies d’avions qui me disaient toujours d’aller voir l’autre compagnie. On en est venu au consensus d’attendre d’être à Buenos Aires pour voir si mes bagages y sont avant de faire une plainte pour une recherche plus en profondeur.
Au moins, le voyage via LAN Airlines fut vraiment agréable. On dirait que les transporteurs en Amérique du Sud sont bien mieux équipés qu’au Canada : chaque passager avec son petit système de divertissement personnel où il était possible de choisir son film, d’écouter une télésérie (il y avait notamment the Big Bang Theory et les Simpsons), de faire une visite virtuelle des destinations touristiques ou de jouer à un jeu. Pour ma part, j’ai ré-écouté The Hunger Games, en espagnol cette fois-ci. Ça va finir par rentrer…

Buenos Aires, Ezeiza aeropuerto, La Pausa restaurant, 5:42 pm
Enfin, arrivé à Buenos Aires!
Le vol a été très court : à peine une heure et demie. Je me suis laissé avoir par le changement de fuseau horaire qui donnait l’allure sur le ticket que le vol en durait 2h30…
Aussitôt décollé, nous étions au-dessus de la Cordillère des Andes : de la neige à perte de vue! Il ne suffisait que de ça pour me rendre le sourire et oublier la mauvaise journée.
De la neige!!!
Une fois passé les montagnes, nous étions au-dessus de l’Argentine. Il est intéressant d’observer le contraste entre les paysages de ces deux pays. Contrairement au Chili très montagneux, l’Argentine semble avoir beaucoups de plaines et d’espaces verts.
Un fois atterrit, j’ai attendu mes bagages et, quelle surprises, il n’en manquait pas un! Toute cette inquiétude pour rien. Je vais enfin pouvoir me changer, ça fait quand même 36 heures que j’ai les mêmes sous-vêtements…
Il ne me reste plus qu’à prendre une navette vers le quartier résidentiel de Buenos Aires où Gustavo, un gentil hébergeur rencontré grâce à CouchSurfing.org m’y attend à partir de 20h. En attendant, je bois un « Café americano » (Si vous demandez juste « Café », vous allez avoir un Espresso).

Buenos Aires, chez Gustavo, 11:08 pm
Je suis présentement chez Gustavo qui m’héberge pour 3 nuit. Il habite une jolie maison sur deux étages. C’est très confortable. De plus, contrairement à ce que le site donnait à croire, je ne dors pas sur un divan, mais bien dans une jolie chambre tout équipée, avec un lit double, une télévision et le Wi-Fi. Ce qui rend la situation assez cocasse, c’est qu’il loue l’autre chambre 50$ la nuit. Il m’a dit de faire semblant que je payais aussi si l’autre locataire posait des questions…
Le chemin pour s’y rendre depuis l’aéroport fut toutefois plus compliqué que prévu. J’ai attendu jusqu’à 19h à l’aéroport car il m’avait dit qu’il terminait de travailler vers 20h. Ensuite, j’ai pris une navette jusqu’à la station de métro Retiro. Un bon samaritain est venu me proposer son aide. Il a dû remarquer que je tournais en rond… J’ai dû prendre deux lignes différentes pour enfin me retrouver sur l’avenue Valero. De là, je n’avais aucune idée où se situait la rue de Gustavo, car les cartes touristiques ne montraient pas cette partie de la ville. C’est ce moment qui fut le plus stressant de tout le trajet, en particulier car il faisait nuit et que je trimballais avec moi 120 lbs de matériel. Heureusement, j’ai vu au passage un livreur de pizza qui sortait d’un restaurant. J’ai réussi à lui demander les directions en espagnol (je suis vraiment fier de moi là!), et il m’a même redirigé plus tard alors que je semblais perdu et que justement il passait en scooter dans cette direction. Décidément, les gens sont très serviables ici! Après environ 1km de marche, j’ai enfin pu arriver à bon port, avec l’odeur de « swing » de mes 38 heures sans douche et en un seul morceau.

Demain, le fun et la visite de la ville commencent!

dimanche 1 juillet 2012

Empaquetage!

Alors que je commence à écrire ces lignes, il ne reste que 11heures 25 minutes avant le grand départ. Inutile de vous dire que le stress est à son comble. Heureusement, il ne reste plus rien à faire si ce n'est que d'éteindre cet ordinateur et me coucher. J'ai tout de même décidé de vous faire une petite liste de ce que j'ai amené, pour ceux qui trouveraient cela utile.

Premièremement, j'ai séparé mes bagages en 4 compartiments: ce que je porte sur moi, un petit sac à dos qui sera mon bagage à main, un gros sac d'expédition de 65L et un sac de planche à neige muni de roulettes.

Avant de commencer à faire ses bagages, il est toutefois utile de connaître les limitations imposées par les compagnies aériennes, en particulier si vous avez beaucoup d'équipement... De plus, étant donné que je fais deux transferts afin de réduire les coût, cela fait 3 compagnies aériennes ayant des restrictions différentes à vérifier. Heureusement, après une petite recherche, j'ai découvert qu'il existe un accord de l'IATA (International Air Transport Association) qui fait en sorte que seul le transporteur le plus significatif peut charger le surplus pour des bagages trop lourds ou trop volumineux. Ouf! 2 extras de moins à payer! Dans mon cas, le transporteur le plus significatif est celui qui me fait passer de l'hémisphère Nord à l'hémisphère Sud: LAN Airlines. Ce transporteur me permet deux bagages de soutes d'un maximum de 50 lbs chacuns et 203 cm linéaire (c'est à dire qu'on additionne la longueur, la largeur et la hauteur) et un sac de 17 lbs avec moi.
Après plusieurs frustrations, j'ai réussi à respecter la limite de poids. Malheureusement, il n'existe aucun moyen physique pour que mon sac de planche à neige n'excède pas la taille permise... (LAN ne possède pas de politique pour les articles de sport)
Finalement, afin de décourager les voleurs et les malhonnêtes qui voudraient mettre des trucs pas catholiques dans les bagages, on scelle tous les zippers avec des ty-raps (j'ai aucune idée de comment on écrit ça...). Un autre truc connu est d'utiliser des anneaux de porte-clef.... c'est tellement chiant à enlever! N'utilisez surtout pas des cadenas, ils seront probablement coupés aux douanes.

Sur moi:
- Portefeuille, contenant une carte de crédit, un peu d'argent liquide (environ 100 $US) et mes cartes d'identité.
- Mon passeport
- Une petite pochette secrète attachée autour de la taille, avec une seconde carte de crédit et le reste de mon argent liquide.
- Des bons souliers de marche
- Une montre

Dans le sac à dos pour l'avion:
Mon ordinateur portable pour continuer à vous écrire et pour me divertir (avec une petite pochette coussinée pour ne pas l'abimer)
- Mes billets d'avions
- Mes documents d'assurance-voyage
- Des crayons et un bloc-note (Pour me rappeler des histoires à vous raconter! J'ai aussi pris la peine d'y inscrire toute information utile pour le voyage)
- Mes cahier de notes de mon cours d'espagnol (il faut bien que je m'y remette!)
- Un livre de lecture (Mange, Prie, Aime)
- Mon guide de l'Argentine Lonely Planet
- Des Tylénols et des Gravols
- Un iPod pour passer le temps
- Mon appareil photo (chargé bien sûr)
- Quelques collations emballées (mais pas de liquides: interdit à l'aéroport)
- Des sous-vêtements de rechanges (pratique en cas de retard des bagages ou quand le voyage prend 23 heures avec les transits...)
- Un poncho (ils annoncent de la pluie à l'arrivée)
- Un oreiller compressible (TRÈS TRÈS IMPORTANT!!!)
Total: 14 lbs

Dans le sac de 65L:
- Quelques tshirts
- Un jeans (en fait, je le porte sur moi celui-ci, on annonce 10°C à Buenos Aires)
- Une chemise pour sortir
- 1 short et un costume de bain
- Une serviette
- Des vêtements chauds pour la planche à neige (sur-vêtements, joggings, pull, etc)
- Des caleçons (au moins pour une semaine)
- Des chaussettes, dont plusieurs en laine pour le snow
- Mon kit d'entretien de snowboard*
- Mon casque
- Ma caméra GoPro
- Chargeurs, piles de rechange, etc
- Mon sac de couchage, compressé et scellé dans un sac de plastique car c'est toujours cool de dormir au sec
- Kit de toilettage: brosse à dent, savon, shampoing, rasoir, etc...
- Mini pharmacie: antibiotique et immodium en cas de diarrhée du voyageur, ibuprophène pour les douleurs musculaires, multivitamines, barres énergétiques, polysporin, pansements, condoms, etc
- Dictionnaire Français-Espagnol
Total: 40 lbs (on se laisse du poids pour les souvenirs)

Dans le sac de planche:
- Deux planches à neiges (en cas de bris, mais aussi pour plusieurs conditions de glisse différentes)*
- Une seule paire de fixations
- Mes bottes de planche à neige
- Un sac de ride *
- Quelques pièces de rechange
- Équipement de survie en avalanche*: émetteur-récepteur, pelle escamotable, sonde
- Trousse de premier soin *
- Mon manteau et mes pantalons de snow
- Deux paires de mitaines
- Tuque et foulard
- Pôles de trekking *
- Un outil multifonction: couteau, pince, sciseau, débouche-bière, tournevis
- De la corde de 3mm d'épaisseur
- Des copies de la page d'identification de mon passeport, de mon permis de conduire et de mon certificat de naissance.
Total: 48 lbs

Ce petit exercice m'a aussi permis de me rappeller 2 ou 3 trucs que j'avais oublié de mettre dans mes valises... J'aurais eu l'air fin pas de serviette rendu là-bas!

En tout cas, le départ est maintenant dans 10 heures 15 minutes... je ferais bien de me mettre au lit! Réveil à 4h30 demain... beurk...


Ne vous inquiétez pas, je vous tiens au jus pour la suite!

Chargé dans la voiture
Quelques références:
Politique de LAN Airlines
Accord de l'IATA
Comment empaqueter selon CouchSurfing.org

lundi 25 juin 2012

Une semaine...

Plus qu'une semaine avant le départ.

On dirait que je ne m'en rend pas vraiment compte. Tout s'est passé tellement rapidement dans les derniers mois. Suite à mon dernier post, il me restait encore une session d'étude (vive les sessions d'été! .... not). C'était une session très chargée et j'ai eu que très peu de temps pour moi ni pour penser à mon projet. Bon, je l'avoue, ce n'est pas une excuse pour ne pas donner de mes nouvelles, mais disons que j'avais le cerveau ailleurs. Heureusement, j'ai tout de même pu trouver un peu de temps pour faire quelques préparatifs essentiels.


Premièrement, j'ai contacté l'ambassade Argentine au Canada pour connaître les différentes procédures nécessaires. Pour les touristes qui y restent moins de 90 jours (comme moi), il n'y a pas besoin de visa. C'est une bonne chose: un truc de moins à penser. Cependant, il y a un frais de 75$ US à l'arrivée. De plus, comme je n'ai pas pu être engagé d'avance par une station de ski, je n'ai pas fait de démarches pour obtenir un visa de travail. En effet, c'est à l'employeur d'en faire la demande. Je m'en occuperai plus tard si la chance me le permet.

Ensuite, je me suis tranquillement équipé pour le voyage : sacs de transport, sac de couchage, équipement de survie en avalanche, trousse de premiers soins, trousse pour l'entretien du snowboard, caméra montable sur mon casque (GoPro) et autres petits cossins pratiques. (Je reviendrai un par un sur ces différents équipements lors de mes prochains posts.) Heureusement, un de mes bons amis m'a très généreusement prêté quelques-uns de ces équipements afin de réduire les coûts.

J'ai aussi fait affaire avec une clinique de voyage pour recevoir certains vaccins utiles et une prescription d'antiobiotiques en cas de diarrhée du voyageur.

Maintenant, il ne reste plus qu'à faire les valises. Je dois réussir à tout placer l'équipement dans un sac de planche à neige équippé de roulettes et un sac à dos d'expédition de 65 L. De plus, il faut s'assurer qu'aucun des deux sacs ne pèse plus de 50 lbs afin d'éviter l'explosion les coûts extra pour le transport de baggages. Tout un casse-tête!

Bref, j'ai vraiment hâte d'y être, mais je dois avouer que plus la date approche, plus je me remet en questions. Est-ce que je suis assez bien préparé? Ai-je mis assez d'argent de côté pour prévenir l'imprévu? Comment puis-je être sûr qu'il ne surviendra aucune "bad luck" pendant le voyage?
Il faut aussi mentionner que j'ai l'impression d'avoir déjà tout oublié les notions d'espagnol apprises lors de mon cours d'initiation...

Mais bon, j'imagine qu'il est normal de ressentir ce genre de stress, en particulier lorsque c'est la première fois qu'on fait ce type de voyage seul...

Je termine sur ce petit gage d'un été de glisse extraordinaire: certaines stations de l'Argentine ont déjà reçu plus de 2 mètres de neige !!! (snow-forecast.com)
La station Cerro Castor, lors de leur journée d'ouverture le 21 juin

mercredi 9 mai 2012

Mashteuiatsh


Aujourd’hui, j’ai décidé de dévier un petit peu du sujet principal pour vous parler d’une expérience récente qui m’a particulièrement marquée. Étant donné que la visée de ce blog est de partager mes expériences culturelles (en Argentine cependant), le texte suivant se justifie en lui-même.

Il y a de cela quelques semaines, j'ai été envoyé dans la réserve autochtone de Mashteuiatsh, une communauté Innu (Montagnais), pour y vivre un stage de médecine en communauté. Le but du stage était de me sensibiliser à la pratique en communauté, ainsi qu’aux problèmes sociaux affectant la santé des autochtones dans les réserves.

Sans les affiches, pourriez-vous faire la différence?
C’est donc mardi le 10 avril (et non lundi car c’était une journée fériée), que je me suis mis en route vers la communauté située en berge du Lac-St-Jean, à 10 minutes de Roberval. C’est avec surprise que j’ai constaté à quel point la communauté ressemblait à n’importe quel village typique du Lac-St-Jean. Je me suis alors rendu à l’évidence que j’étais parti en direction du stage avec certaines idées préconçues à propos des réserves indiennes. Heureusement, j’ai été agréablement soulagé de ne pas avoir été dépaysé à mon arrivée. En effet, les maisons sont très jolies et tout ce qu’il y a de plus normal. Bien sûr, comme je le décrirai plus tard, cette jolie façade cache toutefois beaucoup de problèmes sociaux : pauvreté, abus et dépendances, qui sont plus présents dans les réserves autochtones qu’ailleurs au Québec.

Avant de m’aventurer plus loin dans la description de mon expérience, je crois qu’il est utile à ce moment de vous faire une petite mise point sur l’histoire des amérindiens et sur leur situation actuelle en vertu de la Loi sur les Indiens. Les informations contenues dans cette section proviennent d’un petit ouvrage publié par la Commission des droits de la personne, intitulé «  Mythes et réalités sur les peuples autochtones ». J’en recommande la lecture à quiconque souhaite se départir de ses stéréotypes et idées préconçues à propos des amérindiens.

Tout commence avec Jacques Cartier en 1534 (Ah! Ce sacré J.C.!). J.C. est donc débarqué sur cette nouvelle terre, y a planté une croix, assurant ainsi la souveraineté de la France sur ces terres et l’assimilation de ses natifs. FAUX. En fait, la relation entre les Français et les Amérindiens s’est plutôt orientée autour du commerce des fourrures. De ce fait, ils étaient des ‘alliés’ et non des ‘sujets du roi’.
Bien sûr, on se rappelle tous de notre histoire de secondaire 4 et de la façon dont l’Angleterre nous a clanché sur les plaines en 1759 et remporté la victoire en 1760. Suite à cela, la Proclamation Royale, première constitution du pays, fut instaurée en 1763. Les autochtones étaient bien sûr mentionnés dans celle-ci, et on leur reconnaissait un statut de groupe politiquement distinct, ainsi que la nécessité pour l’Angleterre d’obtenir le consentement des autochtones pour la colonisation des terres autochtones via la signature de traités. De 1781 à 1850, les traités se multiplièrent afin de préparer le terrain pour la Confédération de 1867. Bien sûr, chacun de ces traités a été lu et ratifié par TOUS les amérindiens éparpillés sur l’énorme territoire du Canada! (voyez-y ici du sarcasme) Donc, si on en résume l’essentiel, les autochtones n’ont jamais été assimilés ni par les français, ni par les anglais et ils n’ont jamais étés dépossédés de leurs terres. On peut ainsi comprendre les bases de la plupart des revendications territoriales. En 1876 survient l’une des pires atteinte aux droits des amérindiens : La Loi sur les Indiens. Sous cette loi, avec l’objectif inavoué d’assimiler les indiens, ceux-ci deviennent en quelque sorte des « citoyens mineurs sous la tutelle du gouvernement fédéral ». Je ne repasserai pas tout ce que cette loi inclus, mais un point très important y est la perte du droit de propriété comme on le connait. N’ayant pas droit à la propriété, les biens sur la réserve sont donc non saisissables, ce qui rend presque impossible l’accès au crédit à la consommation et à la carte de crédit, peut importe le revenu et la solvabilité. Cette mesure limitera donc grandement la croissance économique dans les réserves. Finalement, il ne faut pas oublier la sombre histoire des pensionnats, où toute une génération d’amérindiens y perdit sa dignité, sa langue et sa culture.

Monuments représentant les 4 saisons selon la culture Innu
Retour à 2012. Nous sommes donc en face d’une nation ayant perdu son territoire, ses droits et sa culture originale de façon insidieuse et sournoise. L’accès difficile au crédit peut ainsi aider à expliquer le taux de chômage et le salaire moyen nettement sous la moyenne canadienne, et la perte de la culture est un facteur souvent mentionné lorsque l’on tente d’expliquer les abus de substances et les abus psychologiques et physiques. Je tiens aussi à mentionner que la plupart des caractéristiques démographiques, sociales et de santé publique des réserves autochtones sont très similaires aux caractéristiques des milieux défavorisés. Il importe donc ici de se débarrasser des stéréotypes usuels qui racontent que les indiens sont violents, drogués, insouciants et paresseux.

Lors de mon stage de deux semaines, j’ai pu pleinement observer les effets pervers de l’histoire tumultueuse des autochtones. En effet, j’ai vu beaucoup de patients aux prises d’un problème d’alcool ou de consommation de drogues. Les grossesses à l’âge de 14 ans ne sont pas chose rare non plus. En fait, les relations sexuelles en plus bas âge sont si fréquentes que le vaccin Gardasil (contre le VPH, maladie transmisse sexuellement prédisposant au cancer de l’utérus) est administré 3 ans plus tôt à l’école. J’ai même pu rencontrer une femme ayant été battu par son mari. Ce n’était pas la première fois que cela arrivait et son visage montrait plusieurs plaies et un œil au beurre noir. Pourtant, cette jeune femme, à cause de la peur, de l’amour, ou de la tradition, je ne pourrais dire, restait tout de même avec cet homme violent, malgré le danger pour son intégrité physique et mentale.
Soumis au secret professionnel, il est cependant interdit aux infirmières, médecins ou étudiants de porter plainte à la police pour les méfaits du mari. C’est très frustrant et vraiment éprouvant de se retrouver impuissant devant une telle situation. C’est comme regarder un film. On est contraint à un rôle de spectateur.

Le soir, pour me changer les idées suite à cette expérience éprouvante, j’ai fait du jogging. L’activité physique et l’air pur sont les meilleurs moyens que je connais pour aérer l’esprit. Dans les rues, mis à part le paysage féérique du Lac-St-Jean et du petit village, j’ai pu observer un autre problème médical troublant touchant la communauté : l’obésité. Ceci est lié à un « gène économe » que les amérindiens auraient développé au cours de l’époque pré-coloniale, où seuls ceux ayant accumulé assez de réserves pouvaient survivre à l’hiver dévastateur. L’arrivée de la civilisation moderne, de la technologie et de la consommation facile a donc eu un effet dévastateur sur le corps de beaucoup d’amérindiens, conçu pour économiser et stocker l’énergie, sous forme de graisse. On le sait tous, l’obésité est lié à plusieurs problèmes de santé : athérosclérose, maladies coronariennes, arthrose, maux de dos, dépression, diabète, etc. Ce dernier, le diabète, est un problème de santé publique majeur chez les indiens. Encore plus malheureux, très peu des autochtones atteints contrôlent leur glycémie de manière optimale, les mettant à risque de plusieurs complications morbides : infections, neuropathie, insuffisance rénale, plaies chroniques, etc. Ce manque de compliance peut s’expliquer par la vision holistique (où la santé est determinée par une interaction entre le corps et l’esprit) que les autochtones ont de la santé, concept qui est difficilement applicable dans la médecine moderne. Cette vision holistique les pousse aussi souvent à utiliser des médecines alternatives, qui parfois peuvent comporter des effets secondaires très néfastes sur la santé si utilisées sans vigilance.

Malgré tout, il est réjouissant de constater que la communauté de Mashteuiatsh travaille très dur pour renverser la vapeur et améliorer les conditions de ses habitants. Des initiatives comme le programme IMPACT, permettant le suivi des enfants de familles à risque de problèmes de développement, ont été mis sur pied. Ce programme vise les enfants de parents de moins de 21 ans, qui consomment des drogues ou qui ont un revenu familial sous le seuil de la pauvreté. Ces enfants sont suivis régulièrement dès leur naissance par l’infirmière qui s’assure de leur bon développement et conseille ensuite les parents sur l’éducation et le développement mental de l’enfant. Une telle initiative permet ainsi un suivi et un accompagnement personnalisé des enfants dans le besoin afin d’assurer qu’ils aient toutes les fondations nécessaires pour réussir pleinement leur développement. J’ai aussi pu assister à un cours de langue Innue, le Nehlueun, qui permet à ceux qui veulent reconnecter à leur culture via la langue traditionnelle de le faire. Contrairement au français, à l’anglais ou à l’espagnol, le Nehlueun est une langue imagée. Les mots sont donc formés d’une agglomération de mots plus simples pour donner le sens voulu. Par exemple, « tshinishkumitin », qui signifie « merci », veux littéralement dire « Je te donne une outarde ». L’outarde, « nishk », est reconnue comme un gage de remerciement chez les Innus.

Et c’est sur ce remerciement que je conclus ce (relativement) court texte. J’aurais pu en écrire beaucoup plus; l’histoire des amérindiens est très riche et très intéressante et la relation entre celle-ci et les différents facteurs ayant influencés sur leur situation socio-économiques ont été à peine abordés. En bref, j’espère vous avoir aidé à comprendre que tous ces stéréotypes que vous possédiez peut-être envers les amérindiens ne sont que le résultat d’une histoire mouvementée ayant mené à la perte de plusieurs droits fondamentaux chez les amérindiens, menant à une situation socio-économique peu enviable, ainsi qu’à leur perte d’identité, essentielle à la prospérité et la fierté d’un peuple.

Tshinishkumitin. Merci à tous.